Ectoplasme [NSFW, TF/F/M]
3500 mots
Ectoplasme est une nouvelle écrite dans le cadre du Mary Shelley Summer Challenge. Mon objectif, c'était d'écrire une petite histoire de fantômes NSFW pendant l'été. Pour pimenter le tout, on m'a suggéré quelques contraintes d'écriture à respecter :
- 1 personnage est aveugle
- 1 personnage est bisexuel.le
- L'histoire se passe en 2046
Bonne lecture !
Les lumières du drone-caméra s'allumèrent, tranchant l'obscurité épaisse de la pièce. L'appareil se souleva doucement du sol pour se stabiliser à hauteur d'épaules. Sa lampe éclairait le visage de la femme devant lui d'une lueur tranchée, donnant aux mèches de cheveux décolorés qui s'échappaient de son bonnet un éclat spectral. La jeune femme arrangea sa posture, fit un geste de la main et la LED rouge "Recording" du drone s'alluma.
-Hey hello gang ! entama-t'elle avec enthousiasme. Ici Creepy June ! Aujourd'hui, on se retrouve pour une nouvelle enquête paranormale qui s'annonce... Euh...
June s'arrêta, cherchant ses mots, avant de lâcher un petit éclat de rire.
-Déso, je suis vraiment toujours aussi mauvaise en intro ! Bon, on va faire court. Je suis super contente de faire cette enquête avec vous ce soir car je me trouve dans un lieu hyper spécial.
Le petit drone se mit à tourner lentement sur lui même. Le faisceau de sa torche révéla la pièce autour de June : un sol de béton nu, des plafonds bas et voûtés où couraient encore quelques câbles dénudés, un long meuble de bar bancal placé devant des étagères cassées, une petite estrade au fond de la pièce...
-On est dans un ancien bar aménagé dans un réseau de caves. Si je me souviens bien, il a servi de club libertin, puis de salle de concert, avant d'être reconverti en bar underground et de fermer en 2020, à cause de la pandémie de Covid-19.
Le drone termina sa rotation pour revenir sur le visage de June.
-Il n'a jamais ré-ouvert depuis, poursuivit-elle. Mais ce qui nous intéresse, c'est que pendant qu'il était encore en activité, des clients et des employés disaient souvent se sentir observés, apercevoir des silhouettes qui disparaissaient immédiatement ou voir des appareils s'allumer sans raison...
June activa une petite caméra fixée par un bras mécanique sur son sac à dos, braquée vers son visage.
-Et c'est ça qu'on va essayer de tirer au clair ce soir ! Je vais faire un premier tour avec Bobby-Drone et mes lampes allumées pour faire un repérage, comme d'hab. Après je passerais en lumière infrarouge et on verra bien. C'est parti !
La vidéaste se mit à avancer lentement a travers la salle de bar. Bobby-Drone se maintenait au niveau de son épaule, éclairant et filmant autour d'elle. A part quelques objets et détritus qui jonchaient le sol, il ne restait pas grand chose qui rappelle les années d'activité du bar. June se hissa sur la petite estrade.
-Jusque là, rien de particulier, annonça-t'elle en jetant un rapide coup d'oeil. Je me sens plutôt bien, je ressens rien de spécial. Je vais tenter une première interpellation.
Elle se redressa et lança à voix haute, à la cantonnade :
-Bonjour. Je m'appelle June. Je suis venue pour vous rencontrer ce soir. Si vous êtes ici, que vous voulez communiquer, n'hésitez pas à vous manifester.
June attendit quelques secondes, attentive, mais hormis l'écho de sa voix qui se répercutait sur les murs humides, elle n'entendit rien d'autre.
-Bon, commenta-t'elle à destination de la caméra. En général, on obtient jamais rien au premier essai de toute façon. Je vais continuer d'explorer.
La vérité, c'était qu'elle n'obtenait jamais rien après plusieurs essais non plus. Même après une dizaine d'explorations, jamais June n'avait enregistré le moindre bruit suspect, la moindre orbe lumineuse, la moindre perturbation de champ magnétique... C'était à se demander comment faisaient les autres chasseurs de fantômes sur les réseaux sociaux. Son compte "Creepy June" parvenait à peine à dépasser le millier de followers. C'était déjà pas mal ! Mais tout de même, ça restait ridicule comparé au reste de la communauté.
"Allez girl, si ça se trouve, cette fois ce sera la bonne" s'invectiva-t'elle pour retrouver son optimisme.
Elle se remit alors en chemin vers une arche arrondie au bout de la pièce. Le couloir qui se trouvait derrière semblait encore plus sombre que le salle de bar. Sur un geste de June, Bobby-Drone s'engagea en premier, éclairant le chemin. Le couloir donnait sur une série de pièces globalement vides, dont un fumoir, un vestiaire, des sanitaires, un placard... Rien de bien spectaculaire.
-Je vais poser quelques détecteurs de mouvement et de changement de champ magnétique, expliqua June en posant ses petits appareils au sol dans le fumoir. Si jamais une entité se manifeste, ça les fera sonner.
Une fois au bout du couloir, June et Bobby débouchèrent sur une salle voûtée plus conséquente, bien que plus petite que la salle principale. Le drone se dirigea au centre de la pièce et s'éleva vers le plafond pour éclairer tout autour de lui, mais la lumière de ses LEDs ne révéla rien d'autre que des murs nus, entourés de restes de banquettes. Vraiment, cet endroit était bien plus banal que ce qu'avait espéré la vidéaste.
En même temps, que s'attendait-elle à trouver ici ? L'endroit avait fermé il y'a plus de vingt ans et les propriétaires avaient dû récupérer et revendre leurs équipements. June termina néanmoins consciencieusement sa mise en place, sous l'oeil attentif de Bobby-Drone.
-Voilà, c'était mon dernier détecteur. Maintenant, je vais retourner dans la salle principale et on va pouvoir entamer la deuxième phase. Stay tuned !
Une fois revenue dans la salle de bar, June s'assit sur le rebord de la petite estrade.
-Alors, voilà le plan, expliqua-t'elle, je vais éteindre un maximum de lumières et activer la caméra infra-rouge de Bobby. Et je vais allumer...
Elle farfouilla dans son sac pour en tirer un petit boîtier noir, doté de plusieurs boutons et d'une antenne, qu'elle agita fièrement devant la caméra.
-La spirit-box ! Si vous ne savez pas ce que c'est : c'est un récepteur radio qui passe rapidement d'une fréquence à une autre, sans s'arrêter sur une station en particulier. Si une entité veut s'exprimer, la spirit-box permet de l'entendre.
June mis en marche le boîtier, qui se commença à émettre du bruit blanc continu. C'était loin d'être le son le plus agréable qui soit, mais June était prête à subir cet inconvénient mineur. Elle sortit son smartphone, le déplia et en quelques tapotements, elle éteignit les LED de Bobby-Drone. June se retrouva plongée dans l'obscurité quasi-absolue de la salle de bar. Bobby se calibra sur les mouvements de la tête de sa propriétaire, filmant ce que ce voyaient ses yeux. Sur le portable de June, le retour de la caméra du drone lui montrait la pièce dans des nuances verdâtres. June ferma les yeux un instant, laissant les ténèbres l'envelopper.
-Je vais refaire quelques interpellations, dit-elle en parlant suffisamment fort pour couvrir le grésillement de la spirit-box. Bonjour ! Je m'appelle June. Je suis venue pour vous rencontrer. Si vous voulez communiquer avec moi, vous pouvez le faire à travers la spirit-box ou les appareils que j'ai installés ici. Etes-vous ici ? Avez vous envie de communiquer ?
Elle marqua une pause. Toujours laisser aux entités un délai suffisant pour répondre aux questions, c'était l'étiquette. Cependant, tandis que la jeune femme patientait avec espoir, une pensée insidieuse rampait dans le fond de son esprit :
"Et si ça ne marchait pas ? S'il n'y avait personne ?"
Eh bien si ça ne marchait pas... Peut-être qu'elle arrêterait. A quoi bon s'acharner ? Ca n'en valait probablement pas la peine. Elle arrêterait Creepy June et se contenterait de son autre chaîne de contenu adulte. Elle aimait cette activité de performeuse, mais être chasseuse de fantôme et enquêtrice du paranormal, ça avait toujours été son rêve.
"Un rêve complètement con... Remets les pieds sur terre June ! Faut grandir un peu et..."
June lâcha un cri de surprise. Son sac à dos s'était mis à vibrer.
Il fallût quelques instants à la jeune femme pour qu'elle reprenne ses esprits. A tâtons, elle se mit à fouiller frénétiquement dans son sac qui continuait de bourdonner.
-Qu'est-ce qui se passe ? marmonna-t'elle. J'ai posé tous mes détecteurs pourtant...
Tout au fond du sac, ses doigts touchèrent une surface lisse, cylindrique et frémissante. June s'arrêta une seconde en réalisant à quoi elle avait affaire.
-Bon, cette vidéo va probablement se faire censurer... Mais faut vraiment que je filme ce qui se passe, guys.
June révéla le coupable à la caméra : un vibromasseur en sillicone, visiblement allumé et occupé à vibrer tout son saoûl.
-J'ai dû l'oublier après mon dernier shooting vidéo. Il a un bouton de sécurité, il pas pu se déclencher tout seul. Est-ce que c'est vous qui avez fait ça ? lança-t'elle dans l'obscurité.
Elle n'obtint pas de réponse tout de suite. June éteignit le vibro et le posa à côté d'elle.
-Si c'est vous qui avez fait ça, est-ce que vous pouvez le refaire s'il vous plait ?
Elle faillit sauter de joie lorsque l'appareil se remit en route spontanément. Si on lui avait dit qu'un jour elle communiquerait avec l'au-delà grâce à un dildo... La jeune femme ne tenait plus en place, les questions se bousculaient dans sa tête. Elle se força à prendre une grande inspiration et à demander calmement:
-Est-ce que vous voulez communiquer avec moi ? Vous pouvez augmenter la puissance du vibro pour répondre. Une fois pour oui, deux fois pour non.
L'appareil émit un vrombissement plus intense pendant quelques secondes avant de reprendre sa fréquence normale.
-Parfait ! Est-ce que vous êtes seul avec moi ?
"Brrrrr brrrrr !"
-Vous n'êtes pas seul... Est-ce que vous êtes deux ?
"Brrrrr !"
June ne contenait plus son excitation. Non seulement, elle avait réussi à établir à contact mais en plus de ça, elle avait affaire à deux entités au lieu d'une.
-Ok. Est-ce que vous êtes ici depuis longtemps ? Vous savez en quelle année on est ?
Mais cette fois, pas de réponse. Le sex-toy continua de vibrer tranquillement à côté d'elle. Soudain, venu du fond du couloir obscur, un "biiiiiiiiiiip" aigu parvint aux oreilles de June.
-Les détecteurs de mouvement, souffla-t'elle. Vous vous déplacez. Est-ce que vous voulez que je vous suive ?
"Brrrrr !"
Sans réfléchir une seconde de plus, June jeta son sac sur ses épaules, attrapa la spirit-box et son précieux sex-toy et se dirigea aussi vite qu'elle le pouvait en direction du bruit, les yeux rivés sur le retour de la caméra infra-rouge sur son smartphone. Elle arriva dans l'arrière-salle, où se trouvait le détecteur en train de sonner.
-Je suis là. Est-ce qu'il y'a quelque chose que vous voulez me montrer ?
"Brrrrr !"
June observa la pièce plus en détail. Rien n'avait changé depuis son premier passage hormis... Sur le mur opposé au couloir, se trouvait une porte métallique.
-Elle n'était pas là avant cette porte, j'en suis sûre, murmura June.
Elle avala sa salive.
-Vous voulez que j'ouvre cette porte ?
"BRRRRR !"
Le coeur battant, June s'exécuta. La porte s'ouvrit dans un grincement, révélant une pièce tout aussi obscure que les autres. Sauf que celle-ci, contrairement au reste du bar, était loin d'être vide. La jeune femme pût le constater lorsqu'elle manqua de trébucher sur quelque chose. Elle se rattrapa de justesse et inspecta le coupable via la caméra de Bobby : c'était une sorte de trépied en bois, rembourré en plusieurs endroits par de la mousse, jadis recouverte de cuir, mais aujourd'hui exposée par l'usure.
-C'est un... banc à fessée.
Le vibro répondit par l'affirmative. June s'avança dans la pièce, faisant l'inventaire de ce qui s'y trouvait : plusieurs cages en métal suffisamment grandes pour y enfermer quelqu'un, un pilori, une table de billard avec des menottes aux quatre coins, plusieurs fauteuils, des mètres de cordes abandonnés en désordre par terre, des chaînes rivées aux murs par des pitons métalliques... June ne pût retenir un sifflement admiratif.
-Un donjon BDSM ! C'est ça que vous vouliez me montrer ?
"Brrrrr."
Dans un coin de l'écran, June aperçut un objet de grande de taille installé contre un mur: le "X" imposant d'une croix de St-André. Marchant prudemment à travers l'obscurité, elle s'approcha. Elle passa ses doigts le long de la surface de bois peint. Un frisson la traversa toute entière. Né dans le creux de son ventre, il se propagea doucement vers sa poitrine, entre ses cuisses... June descendit la fermeture de sa veste.
-Il fait beaucoup plus chaud ici d'un coup, glissa-t'elle à l'intention de followers.
De nombreux témoins d'apparitions paranormales rapportaient avoir ressenti des sensations désagréables, un froid intense, une impression de malaise... Mais de mémoire de Creepy June, personne n'avait jamais dit être excité en présence de fantômes. Elle demanda aux présences qui l'accompagnaient:
-Est-ce qu'il s'est passé quelque chose de... spécial ici ?
"Brrrrr !"
-Est-ce que vous êtes attaché sur la croix ?
"Brrrrr brrrrr."
Négatif. June se mordilla la lèvre. Elle venait d'avoir une idée. Elle fit passer Bobby-Drone en mode stationnaire en face d'elle, pour filmer un plan d'ensemble. Privée du retour caméra, elle n'y voyait plus grand chose mais tant pis, elle ferait confiance à ses autres sens. Elle se retourna et se plaça le dos contre la croix, les bras levés, les jambes écartées.
"Mais qu'est-ce que je suis en train de faire ?" se demanda-t'elle.
C'était une idée complètement saugrenue, certes... Mais aussi follement excitante. A peine se fût elle installée que le même frisson qu'elle avait ressenti plus tôt recommença, plus intense. Ses seins se durcirent, frottant contre ses vêtements au rythme de sa respiration qui s'accélérait. Sa verge se raidit entre ses jambes malgré sa culotte qui la compressait. Tout autour elle, faisant vibrer les fins cheveux de sa nuque, guère plus perceptibles qu'un courant d'air, June devinait des présences invisibles qui s'agitaient autour d'elle. Impatientes. Emplies de convoitise. La jeune femme posa la question qui lui brûlait les lèvres, même si la réponse qu'elle allait obtenir lui paraissait de plus en plus comme une évidence :
-Est-ce que c'est moi que vous voulez ?
"BRRRRRRRRRRRRRRRRRRRRRRRRRRRRRR !"
Dans sa main, le dildo se mit à vibrer de toutes ses forces. Une vague de chaleur entoura June. Elle se mit à se tortiller contre la croix, frottant ses fesses contre le bois, agitant ses hanches, excitée comme jamais. Les présences se firent plus pressantes, plus vibrantes.
-Prenez moi alors, glissa-t'elle d'une voix rauque de désir
A peine eut-elle terminé sa phrase que les liens de cuir disposés aux coins de la croix, manipulés par des mains invisibles, se refermèrent autour de ses poignets et de ses chevilles. June eût un hoquet de surprise. Elle était immobilisée, les bras et les jambes fermement maintenus écartés par les attaches, dans l'obscurité quasi-totale. A la merci de... Elle n'avait aucune idée de qui. Ou même de quoi en fait. Mais alors qu'une vague de malaise commençait à se former au creux de son ventre, June - à travers le bruit blanc continu de la spirit-box qui n'avait pas cessé d'émettre - pû distinguer un son :
-Ec...o...sm.
C'était brouillé et lointain, noyé dans le statique. Difficile d'y comprendre quoi que ce soit. Le son se répéta plusieurs fois, devenant plus net à chaque fois. Si bien que June finit par entendre une voix féminine qui répétait en boucle :
-Ectoplasme. Ectoplasme. Ectoplasme. -Ectoplasme, souffla June. On est dans un donjon BDSM, ça ressemble à un... safeword. C'est votre safeword ?
"Brrrrr !"
La jeune femme se sentit soudain rassurée. Une fois dans l'au-delà, les revenants s'accrochent à ce qui leur était le plus cher dans la vie. Visiblement, ceux-ci devaient prendre le consentement très au sérieux. Un courant d'air joueur se glissa dans les cheveux et dans le col de June.
-Bien, grésilla la spirit-box.
Devant June, alors que quelques secondes plus tôt ne se trouvaient que d'épaisses ténèbres, une masse vaporeuse et blanchâtre se mit à luire timidement. Elle s'épaissit, se divisa en deux, comme une énorme cellule à taille humaine, pour former un second nuage plus petit. La jeune vidéaste attachée à la croix n'en croyait pas ses yeux. Une extension floue - un bras? - se forma entre la plus grande des deux formes et la poitrine de June. L'extrémité se condensa autour de la fermeture éclair de sa veste pour la baisser. "Ziiiiiip". Une fois la veste ouverte, la chose floue remonta le pull et la brassière de la jeune femme pour révéler ses seins et se mit à les effleurer. Le contact à la fois glacial et chaud lui arracha un gémissement de plaisir.
-Gentille... fille.
Le sexe de June se raidit. Les compliments, elle en raffolait. Au même instant, les deux nuages devant elle vibrèrent et se firent plus nets. Elle pouvait distinguer deux silhouettes : la plus grande, toute en courbes, très féminine - celle qui s'exprimait dans la spirit-box à n'en pas douter - et la plus petite, qui en réalité était quelqu'un, à quatre-pattes à même le sol. Un homme peut-être, mais June ne pouvait que le supposer, le seul trait distingable sur son visage était sa bouche. Tout le reste était lisse, comme recouvert d'une cagoule. Un filin blanchâtre reliait son cou à la main de la femme. Une laisse. June n'eût pas pas plus le loisir de détailler la scène car la femme se pencha vers elle et, sans cesser de caresser sa poitrine, lui releva le menton pour l'embrasser. Son corps entier frissonna de plaisir, victime d'une cascade de sensations contradictoires, la chaleur torride se mêlant au froid mordant.
June poussa un soupir plaintif lorsque sa vaporeuse partenaire s'éloigna. La jeune femme voulût se pencher en avant pour en avoir plus, mais ses liens la retinrent sans pitié. Au grand désespoir de June, le soumis, toujours sagement accroupi, ne bougeait pas. Sa maîtresse baissa le pantalon de sa captive pour libérer son sexe, brûlant et avide avant de reculer d'un pas.
-S'il te plait... gémit plaintivement la jeune femme en se contorsionnant pour obtenir un contact.
Un petit rire s'échappa du boîtier radio. Un grésillement incompréhensible, à l'intonation autoritaire résonna et le soumis passa enfin à l'action. Il baissa les vêtements de June jusqu'à ses genoux nicha son visage au creux de ses cuisses pour lécher ses boules impeccablement rasées. Tout son corps se raidit sous le torrent de sensations. Elle laissa échapper un : "Oh putain !" rauque d'extase. Elle se sentait fondre et brûler à la fois.
Alors que le plaisir faisait tourner la tête de June, la maîtresse vint se coller contre elle. Elle prit le dildo auquel June se cramponnait depuis le début. Elle le dirigea vers l'entrejambe de sa prisonnière avec une lenteur cruelle. June eût tout le temps de comprendre ce qui allait lui arriver, avec force de gémissement. C'est alors que quelque chose d'humide, chaud et froid en même temps, se mit à couler sur son gland. La substance se matérialisait sur la peau translucide de la main de sa maîtresse et s'en écoulait paresseusement. "Ectoplasme" nota le peu de conscience professionnelle encore en activité dans le cerveau de June.
-Très... gentille... fille, grésilla le fantôme.
Sur quoi, la maîtresse appliqua le dildo sur le gland de June, qui ne pût retenir un cri d'extase. Et pour ne rien arranger, le fantôme de sa maîtresse se mit à lui lécher les seins tout en s'occupant d'elle. Tout devint flou autour de June. Son bas-ventre était en feu. Son coeur cognait contre sa cage thoracique. Le plaisir envoyait des décharges électriques le long de sa colonne vertébrale. Elle ne retenait plus ses gémissements ni ses cris. Elle n'en avait plus que pour quelques secondes.
-Je... Oh fuck, s'écria-t'elle. Fuckfuckfuckfuuuuck !
Sa voix se transforma en un dernier râle d'extase alors que la jouissance l'emportait. Sa vue se brouilla. Ses jambes fondirent sous elle et elle se serait effondrée si ses liens ne l'avaient pas retenue.
Alors qu'elle relevait péniblement la tête en haletant pour reprendre son souffle, June vit les deux silhouettes devant elle se dissoudre lentement.
-Merci... June... crépita le boîtier radio avant de laisser place au bruit blanc ininterrompu.
Le dildo tomba par terre et June eût tout juste le temps de reprendre un peu de force avant que les attaches de la croix ne s'ouvrent d'un seul coup. Les entités disparurent doucement, happées par les ténèbres du sous-sol. La jeune femme se retrouva pantelante, à moitiée déshabillée, trempée d'ectoplasme et de sueur, enrobée dans les brumes du plus intense plaisir qu'elle eut vécu de sa vie. Ce n'est qu'au bout de quelques secondes qu'elle émergea de son extase et avisa Bobby-Drone qui flottait toujours sagement en face de la croix. Elle avait tout filmé ! Tout, du début à la fin ! June se jeta sur le petit robot et pianota frénétiquement sur son écran de contrôle. Elle tenait la vidéo du siècle ! Non... Des siècles à venir ! Il fallait qu'elle voit ça immédiatement ! Il fallait que... Mais alors qu'elle lançait le replay, une froide réalisation l'envahit : sur l'écran, au dessus de la barre de défilement, il n'y avait rien d'autre que du bruit blanc.
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